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Exposition "Deux regards" de Mohammed Zouaoui
Vernissage de l'exposition « Deux regards » de Mohammed ZOUAOUI
Revue de presse de l'exposition « Deux regards » de Mohammed Zouaoui
L’art a contribué à mon intégration
Les Oiseaux, une Richesse Universelle - Les Oiseaux au Maroc
Du Patrimoine du Maroc - Al Jadida

Charaf EL GHERNATI

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Le retour

À Rabat je suis né, à Casablanca j’ai grandi. J’ai effectué mes études en France et je vis actuellement au Canada. L’exil s’est emparé de moi et moi de lui. On ne fait qu’un. Le présent est ma demeure. Un espace qui ne dit pas son nom.

Je traîne des souvenirs, du vieux et du nouveau, entre querelles et satisfactions. Il semble que je dessine une trajectoire inédite, dont les sentiments ne sont ni maîtres ni esclaves. Je suis guidé par une mémoire toujours vivante qui ne semble pas épuisée par les secousses du temps. L’espace m’a préservé, je suis à lui.

Je résiste à une couleur qui me semble nouvelle et qui vient de naître pour la première fois. Elle résiste à son tour. Un geste imprécis la traverse et la menace dans son cheminement si particulier. Elle devient mienne. Je peins. Je suis loin et ma respiration est lasse. Je peins et je repeins. Accrochés quelque part, mes souvenirs attendent qu’un jour particulier je les invite dans mon espace entre la curiosité et l’hésitation. Il n’y a plus de résistance. Un geste après un autre, tout me revient imparfait avec l’usure du temps. J’accepte car l’acte est sans ambiguïté. Cette mémoire fatiguée me donne l’espoir d’un jour nouveau, d’une peinture nouvelle où joie et mélancolie se rejoignent.

Je peins l’enfant de la rue qui lance un cri inutile, les odeurs du marché qui s’invitent d’elles-mêmes, le porteur d’eau assis, le danseur exultant dans l’ennui et dans le silence qui déchire la fibre de la nuit. La peinture est devenue une nécessité salvatrice. Un jour, peut-être, je reviendrais chez-moi...

Charaf EL GHERNATI

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