Chikhates et femmes insoumises

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3- Quel avenir pour l’Aïta ?

Aujourd’hui, l’Aïta fait face à de nombreux défis :
Avec la disparition de nombreux chioukhs et chikahtes et avec l’âge avancé de certains d’entre eux, se pose le problème de la relève. Les jeunes ne s’intéressent que rarement à cet art. Il n’est reconnu que comme répertoire de la reproduction. Dans les boîtes de nuit ou dans les bars, on écoute l’Aïta exécutée à l’aide de la batterie, du synthé et de la guitare électrique. L’Aïta risque ainsi de perdre son âme.
Le retour du religieux dans l’espace personnel de certains de ces artistes représente également un nouveau défi : Les chikhates ne sont plus ce qu’elles étaient. Certaines se présentent voilées sur scène. Faire le pèlerinage de la Mecque est en passe de devenir un rite. Certaines chansons sont mâtinées par des amdah, louanges prophétiques.
A l’heure des musiques du monde, L’Aïta a toute sa place dans l’échiquier musical et peut prétendre au statut de patrimoine immatériel appelé à être sauvegardé, étudié et enrichi. Les prestations des chioukhs et des chikhates dans les espaces culturels prestigieux, tels l’IMA, est aujourd’hui un premier pas dans cet horizon.

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