Nadia Aoi-Ydi revient sur son roman et son rapport à l’écriture

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À travers son premier roman Dans le cœur de mon père, Nadia Aoi-Ydi explore les thèmes de la mémoire, de la transmission et de l’exil. Inspirée par le parcours migratoire de son père, elle livre un récit intime et universel, où l’écriture devient un espace de reconnaissance et d’hommage.

E-Taqafa : Comment est née votre passion pour l’écriture ?
Nadia Aoi-Ydi :
J’ai découvert ma passion pour l’écriture assez tôt. Pour moi, écrire a toujours été une manière de mettre des mots sur les émotions et les souvenirs. J’aimais écrire des poèmes lorsque j’étais plus jeune. L’écriture est progressivement devenue un espace de liberté où je pouvais raconter des histoires, mais aussi transmettre des fragments de mémoire familiale. Avec le temps, j’ai compris que les mots pouvaient donner une voix à des parcours parfois oubliés.

E-Taqafa : Pourquoi avoir écrit Dans le cœur de mon père ?
Nadia Aoi-Ydi :
Ce livre est né d’une volonté de mémoire et de reconnaissance, mais aussi d’un hommage au courage de mon père et à celui de toute une génération d’hommes et de femmes qui ont quitté leur pays pour s’offrir, et offrir à leurs enfants, un avenir meilleur.

E-Taqafa : Votre roman Dans le cœur de mon père raconte le parcours migratoire de votre père du Maroc vers la France dans les années 1970. Comment cela a-t-il influencé votre récit ?
Nadia Aoi-Ydi :
À travers son parcours, j’ai voulu faire ressentir les espoirs, les difficultés, la solitude et les sacrifices qui accompagnent souvent l’exil, tout en montrant comment il a traversé ces épreuves en restant fidèle à ses valeurs humaines et à sa foi, qui ont été pour lui une véritable boussole.

E-Taqafa : Dans votre récit, le départ vers la France est un moment clé pour votre famille. Comment avez-vous mis en lumière ce parcours ?
Nadia Aoi-Ydi :
J’ai voulu mettre en lumière ce parcours en racontant l’émigration non seulement comme un déplacement géographique, mais aussi comme une transformation humaine. Derrière chaque départ, il y a des rêves, des peurs, des renoncements et beaucoup de courage. J’ai essayé de proposer une vision de ce chemin qui montre l’homme derrière le migrant, le père derrière le travailleur.

E-Taqafa : Quelle place occupent vos racines marocaines dans votre écriture ?
Nadia Aoi-Ydi :
Mes racines marocaines font profondément partie de mon identité et de mon regard sur le monde. Elles nourrissent mes valeurs, mes souvenirs et ma manière de raconter les histoires. Cette double culture, entre le Maroc et la France, m’a donné une sensibilité particulière aux thèmes de l’identité, de la transmission et de l’appartenance.

E-Taqafa : Quel message souhaitez-vous transmettre au lecteur à travers cette œuvre ?
Nadia Aoi-Ydi :
À travers ce roman, je voulais rappeler l’importance de la mémoire et de la reconnaissance. Beaucoup d’histoires restent dans l’ombre, alors qu’elles ont contribué à construire la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Derrière ce livre, il y a avant tout l’histoire d’une fille qui souhaite honorer son père.

E-Taqafa : Quels défis avez-vous rencontrés sur la scène littéraire et culturelle en France ?
Nadia Aoi-Ydi :
Trouver sa place et faire entendre sa voix n’est pas toujours simple. Le monde littéraire peut se révéler exigeant et parfois difficile d’accès. Malgré cela, je reste convaincue de l’importance d’aller à la rencontre des récits de nos parents. S’y plonger, c’est aussi se raconter soi-même à travers leurs histoires, avec humilité et fidélité à ce qu’ils ont vécu.

E-Taqafa : Quels sont vos projets littéraires ?
Nadia Aoi-Ydi :
Je souhaite continuer à écrire autour des thèmes qui me tiennent à cœur, comme la mémoire, l’identité, les liens familiaux et les trajectoires de vie. J’aimerais également y apporter une dimension plus psychologique, en explorant ce qui se joue à l’intérieur des êtres : les héritages invisibles, les émotions enfouies et les traces laissées par les expériences de vie.