Les œuvres de Hassan Kouhen laissent émerger un univers où l’indicible acquiert toute sa puissance expressive. Ils donnent forme aux silences et aux résonnances invisibles qui traversent la mémoire et l’émotion. Une tension subtile se dessine entre la matière et la lumière.
RENCONTRE AVEC L’ARTISTE
e-taqafa : Six ans après votre première exposition à l’Espace Rivages, quel regard portez-vous sur cette nouvelle exposition ?
Hassan Kouhen : Six années se sont écoulées depuis ma première exposition à l’Espace Rivages, cette période m’a permis d’approfondir ma recherche artistique. Les œuvres présentées témoignent d’une plus grande maturité, tant dans le choix des couleurs que dans le traitement des formes et de la lumière. Chaque jour apporte un plus dans la vie d’un artiste, je suis toujours en perpétuelle recherche, ceci nous mène à être dans une quête de profondeur.
e-taqafa : Quelques créations récentes présentent des compositions plus sobres. S’agit-il d’un nouveau choix artistique ?
Hassan Kouhen : Ce n’est pas un changement radical, mais plutôt un besoin d’aller vers des compositions plus sobres et plus épurées. Vouloir supprimer le superflu pour ne conserver que quelques éléments mis en valeur. Ce choix me permet de mieux mettre en valeur la force des formes où chaque élément trouve pleinement sa place.
e-taqafa : Est-il important pour vous de cultiver une diversité d’approches dans votre travail artistique ?
Hassan Kouhen : Oui, je n’aime pas m’enfermer dans une seule manière de créer. Chaque œuvre est une nouvelle exploration. J’aime expérimenter les formes et les compositions, tout en restant fidèle à mon univers artistique. Cette liberté est indispensable pour continuer à évoluer et à nourrir ma créativité et maintenir mon travail en mouvement.
e-taqafa : Du noir, parfois rien que du noir, est-ce de l’émotion peinte ?
Hassan Kouhen : Le noir est souvent perçu comme une couleur de tristesse, mais, pour moi, il est bien plus que cela. C’est une couleur de profondeur, de silence et d’introspection. Il permet aux autres couleurs de respirer, de dialoguer avec l’espace. Si l’on peut parler d’émotion peinte, alors oui, le noir en porte une, mais une émotion ouverte, que chacun est libre d’interpréter selon sa propre sensibilité.
e-taqafa : Vos œuvres semblent difficiles à livrer d’emblée au regard. Pourquoi laisser autant de place aux zones d’ombre ?
Hassan Kouhen : Les zones d’ombre sont aussi importantes que la lumière. Elles créent le mystère, le silence et la profondeur. Je préfère suggérer plutôt qu’expliquer. C’est dans cet espace d’incertitude que le regard du spectateur devient créateur à son tour.
e-taqafa : Quel fil conducteur relie les œuvres présentées dans cette exposition ?
Hassan Kouhen : Je ne cherche pas à imposer un thème unique. Ce qui relie ces œuvres, c'est une même sensibilité. Elles parlent d’un vécu, d’expériences et des émotions, mais sans jamais les nommer. Je préfère laisser au visiteur la liberté de construire sa propre lecture. .
e-taqafa : De plus en plus présent au Maroc depuis 2020, que pouvez-vous dire à propos de votre première expérience à Espace Rivages?
Hassan Kouhen : Mon retour au Maroc en 2020 a marqué une étape importante dans mon parcours. Ma première exposition à l’Espace Rivages a été une très belle rencontre, à la fois avec le lieu et avec le public. Malgré le contexte sanitaire particulier lié à la pandémie Covid 19. J’y ai trouvé une écoute attentive et un véritable intérêt pour mon travail. Cette expérience m’a conforté dans l’idée de poursuivre cette aventure artistique au Maroc et de continuer à partager une peinture en constante évolution. Revenir au Maroc est essentiel pour moi. Chaque retour à l’Espace Rivages est pour moi l’occasion de présenter un nouveau regard sur mon univers et de renouer avec un public qui suit mon cheminement avec fidélité.
