Le chercheur marocain Mustapha Antra a récemment publié deux ouvrages portant sur la place de l’amazighité dans l’évolution institutionnelle, politique et constitutionnelle du Maroc. À travers ces travaux, l’auteur propose une analyse des transformations ayant marqué la reconnaissance de la composante amazighe au sein de l’identité nationale.
Le premier livre, intitulé La question amazighe au Maroc : de l’institutionnalisation à la constitutionnalisation, revient sur les principales étapes ayant jalonné l’intégration de l’amazighité dans les politiques publiques et le cadre juridique national. L’ouvrage examine notamment le rôle des institutions, les rapports entre l’État et la question culturelle, ainsi que les évolutions ayant conduit à la reconnaissance officielle de la langue amazighe et à l’adoption du cadre législatif qui l’accompagne.
Le second ouvrage, L’amazigh et l’identité nationale entre discours politique et consécration constitutionnelle, développe une réflexion sur les liens entre les débats identitaires et leur traduction dans les textes fondamentaux du Royaume. Préfacé par Hassan Aourid, ce livre de 303 pages s’intéresse à la manière dont la composante amazighe a été abordée dans les discours des différents acteurs de la vie publique marocaine.
L’auteur y analyse les positions exprimées par plusieurs courants et institutions, notamment la monarchie, les partis politiques, le mouvement amazigh et les mouvements islamistes. Une autre partie de l’ouvrage est consacrée à l’évolution du traitement de la question identitaire dans les constitutions marocaines.
L’étude met en lumière les changements intervenus entre la Constitution de 1962 et celle de 2011. Cette dernière reconnaît la diversité des composantes de l’identité nationale marocaine, en intégrant notamment les dimensions amazighe, arabo-islamique et saharo-hassanie, ainsi que les influences africaine, andalouse, hébraïque et méditerranéenne.
À travers ces publications, Mustapha Antra s’intéresse également aux enjeux liés au pluralisme culturel, au multilinguisme et à la citoyenneté. Il souligne l’importance des mécanismes institutionnels chargés d’accompagner la gestion de cette diversité, notamment le Conseil national des langues et de la culture marocaines.
