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Article proposé par la rédaction

e-taqafa

Mohamed Fariji, le dessein du souvenir

Mohamed_Fariji

Activiste culturel qui pousse plus loin les limites de l'art, Mohamed Fariji, est un artiste inclassable qui interprête la mémoire et ses stigmates dans l'espace public. Riches et aboutis, ses travaux ravivent les traces du passé en explorant les contours du quotidien. Il a présenté l'exposition « Something to generate from » en juin dernier au Kunsthal Aarhus au Danemark, son œuvre, « Le Musée Collectif » interrogeant le souvenir, a tout juste fait halte en décembre dernier à Sharjah au sein de la Sharjah Foundation.

e-taqafa : Comment êtes-vous venu à l'art ?

Mohamed Fariji : Après mes études à l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan, j’ai cofondé le collectif d’artistes la Source du Lion à Casablanca. A l'issue de multiples projets artistiques et éducatifs menés dans les années 90 avec ce collectif, j’ai décidé de reprendre mes études à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Llotja de Barcelone, tout en continuant d’intervenir sur des projets casablancais, comme celui du Parc de l’Hermitage.

e-taqafa : Votre dernière exposition, à Think Art « Le Musée collectif participatif », évoquait la vie culturelle comme les espaces publics mythiques des années 50 à 80 au Maroc...

Mohamed Fariji : Le Musée Collectif est un projet d'artistes qui prend la forme d'un musée de la mémoire collective des villes. A travers le prolongement de mon projet au sujet de l’ancien Aquarium de Casablanca, j’ai poursuivi ma collecte de « traces » des espaces publics casablancais disparus, marginalisés. Cette « récupération », en partenariat avec Casa Aménagement, est le fruit d’un long travail de sensibilisation à la préservation du patrimoine culturel. Une grande partie de ce qui allait être détruit (manèges, fresques, peintures, luminaires) va rejoindre le Musée Collectif.

Cet acte participatif se définit par la volonté de construction d’une mémoire collective, conçue comme une alternative à la mémoire officielle, souvent incapable de donner sa place à l’individu dans l’écriture de l’Histoire. Ce Musée se déploie de plus, lors d’« actions-présentation » dans des espaces publics ou institutionnels et se développe à travers des ateliers participatifs.

e-taqafa : Parlez-nous de l'Atelier de l'Observatoire créé en 2011, espace d'Art et de Recherche, situé à la campagne à 30 km de Casablanca...

Mohamed Fariji : L'Atelier de l’Observatoire est un espace d’art et recherche que j’ai cofondé avec la curatrice et chercheuse Léa Morin pour répondre à un manque d’espaces dédiés à la création contemporaine. Il crée les conditions nécessaires aux projets inadaptés aux systèmes établis de production de la région en rapprochant artistes, chercheurs et grand public. Il expérimente de plus, des approches alternatives par le biais de programmes éducatifs (MADRASSA), d’espace de production et d’accompagnement d’artistes émergents (LA RUCHE) et de projets artistiques participatifs dans l’espace public, en milieu rural et en périphérie des villes, telle LA SERRE : un espace éphémère ouvert et participatif de 150m2 qui s’installe au cœur d'espaces publics favorisant le développement de nouveaux projets à l'abri des visions dominantes.

e-taqafa : Vous avez représenté le Maroc lors de l'exposition « Something to generate from » en juin dernier au Kunsthal Aarhus au Danemark. Quelle est sa genèse ?

Mohamed Fariji : A travers cette exposition, le collectif MADRASSA (un groupe de curateurs d’Afrique du Nord et Moyen-Orient), a proposé d'observer et d'analyser une pratique très répandue mais qui n'a encore jamais fait l'objet d'aucune exposition: la création par des artistes, d'institutions engagées dans des problématiques sociales comme l'éducation, l'agriculture et l'urbanisme.

Ils ont ainsi proposé d'appréhender ces institutions non pas comme des activités secondaires des artistes, mais comme des œuvres qui interrogent la capacité d'agir de l'art dans une société et sur un territoire.

Propos recueillis par la rédaction

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