Soundouss Chraïbi publie son premier roman, Le soleil se lève deux fois

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Le roman Le soleil se lève deux fois marque les débuts de Soundouss Chraïbi et paraît aux éditions Gallimard. Publié dans la collection « L’Arbalète », il s’inscrit comme un huis clos familial centré sur plusieurs générations de femmes réunies dans une maison à Tanger.

L’intrigue s’ouvre sur les derniers moments de Mama Abla, entourée de ses filles, Faïza et Malak, ainsi que de sa petite-fille Layal. Venue veiller sa grand-mère, Layal replonge dans ses souvenirs d’enfance au sein de cette demeure familiale. Avant de mourir, Mama Abla lui demande de s’assurer que la maison ne soit jamais vendue. Cette volonté entre en contradiction avec celle du grand-père, propriétaire du lieu, qui souhaite s’en séparer, faisant émerger un secret de famille longtemps dissimulé.

Le récit accorde une place centrale aux relations entre les femmes. Mama Abla apparaît comme une figure à la fois autoritaire et marquante, dont l’influence a profondément marqué ses filles. Faïza, en quête d’indépendance, s’est opposée à elle, tandis que les deux sœurs ont développé un lien étroit. Avec sa petite-fille, la grand-mère adopte une attitude plus bienveillante, révélant une autre facette de sa personnalité.

La narration est portée par Layal, qui observe les tensions entre sa mère et sa tante tout en s’interrogeant sur son propre rapport à la maison et à ses souvenirs. Le roman met ainsi en lumière des transmissions affectives complexes, où se mêlent attachement, conflits et héritage émotionnel.

Le dispositif narratif repose sur un huis clos assumé. L’ensemble du récit se déroule principalement dans la maison familiale, pensée comme un élément central, presque comme un personnage. Chaque espace, chambres, patio ou jardin, participe à la construction du récit et à la mémoire des personnages.

L’ouvrage aborde également la question du patriarcat. Bien que les hommes soient peu présents, leur influence se manifeste à travers les normes sociales qui encadrent les choix des personnages. Ces règles, parfois reproduites par les femmes elles-mêmes, traduisent des tensions entre émancipation et contraintes sociales.

Le roman a été remarqué dès sa parution, notamment sélectionné pour le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2026.