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Article proposé par Fatiha AMELLOUK

e-taqafa

Kaoutar Harchi, le choix « couteux » de l’écrivaine

Kaoutar Harchi - écrivaine

Dossier : Journée Internationale de la Femme

Elles sont universitaires, écrivaines, chanteuses, artistes, élues politiques ou militent pour des causes nobles, leur point commun : elles sont marocaines du monde. Issues de la première, la deuxième ou la troisième génération, elles maintiennent à des degrés divers des liens avec leur pays d’origine. Nous les avons rencontrées pour vous approcher de leurs univers.

Kaoutar Harchi est écrivaine, née en 1987, elle est l’auteure de Zone Cinglée », « A l’origine notre père obscur » et « L’Ampleur du saccage ». La vivacité de sa plume la distingue et ses lecteurs le confirment. 

e-taqafa : Qui est Kaoutar Harchi, l'écrivaine française d’origine marocaine ?

Kaoutar Harchi : Je suis née à Strasbourg, en Alsace. J'y ai vécu avec mes parents et mes sœurs jusqu'à l'âge de vingt ans puis je me suis installée à Paris pour poursuivre mes études. Ce départ a été, pour moi, une seconde naissance. J'ai pu me concentrer sur mon travail, sur l'écriture, sur moi et avancer ainsi, de projet en projet. Mes origines marocaines sont en moi. Je n'y pense jamais. D'ailleurs, ce sont souvent les autres qui me demandent d'y penser.

e-taqafa : Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

Kaoutar Harchi : La lecture a toujours occupé une place centrale dans ma vie. Je me souviens qu'en fin de journée j'allais souvent à la bibliothèque pour faire mes devoirs. L'enfant modèle du système scolaire républicain. Depuis, j'ai ouvert les yeux sur ce système mais j'ai toujours gardé une confiance profonde en la culture. L'écriture, en réalité, est venue très tardivement. Elle a coïncidé avec mon départ à Paris d'ailleurs.

e-taqafa : Votre écriture est-elle influencée par certains aspects de la culture marocaine?

Kaoutar Harchi : Je ne sais pas réellement si mon écriture est influencée par des aspects de la culture marocaine. Je dirais que deux Marocains l'ont déterminé, oui, sans doute : mes parents. Alors peut-être que l'hypocrisie familiale, la concurrence entre les générations, la misère affective et sexuelle des hommes mais aussi des femmes sont ce que j'ai pu observer ici et là. Est-ce marocain ? Certainement. Mais n'est-ce que marocain ? Non, je ne pense pas.

e-taqafa : Comment traitez-vous le sujet de la migration dans vos ouvrages ?

Kaoutar Harchi : Je ne me sens que peu concernée par la problématique de la migration. Moi, je n'ai jamais vécu cela et disons que j'essaie de ne pas me laisser enfermer dans ces catégories. Continuer de demander aux écrivains français de parents étrangers de s'exprimer sur ce sujet-là, comme sur celui de l'identité ou encore celui de la langue, je considère que c'est un piège. Si j'ai fait le choix (couteux) de devenir écrivaine, c'est bien pour échapper à un certain nombre de choses qui me sont insupportables et, bien sûr, pas pour que l'on m'y ramène. Ou, pour être plus franche, pas pour qu'on m'y assigne.

e-taqafa : Que représente pour vous votre présence au SIEL ?

Kaoutar Harchi : Je suis toujours très heureuse de participer au SIEL. C'est pour moi l'occasion de découvrir un Maroc dynamique et tourné vers l'avenir.

e-taqafa : Et votre prochaine publication ?

Kaoutar Harchi : J'y travaille actuellement. J'approfondis, je pense les thématiques de mes précédents romans.

Propos recueillis par Fatiha Amellouk

Kaoutar Harchi : "Ces femmes sont le premier relais de la domination masculine"

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