Tala Hadid, grand angle

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Tala Hadid

Photographe avérée dont les œuvres fleurissent les musées des capitales internationales, Tala Hadid, est aussi cinéaste. Ayant vécu à Londres et New-York, électron créatif qui gravite autour des astres de la planète du 7e art, elle a réalisé « La Nuit entr'ouverte », long-métrage récompensé par le Grand prix au 16e Festival National du Film de Tanger. Un road-movie sobre et lumineux qui capte des destins en errance.

e-taqafa : Comment êtes-vous venu à la photographie ?

Tala Hadid : A travers le cinéma. Le 7e art, en tant que pratique est venu en premier : ainsi, je suis venue à la photographie avec naïveté et humilité comme cinéaste et réalisatrice. Cela dit, ma relation à la photographie a commencé tôt par une profonde attirance pour ce médium. J'ai toujours été attirée par le pouvoir de l'image et ce que Roland Barthes appelle le «punctuum", cette chose dans l'image qui perce l'âme comme une flèche, ce moment particulier, capturé dans le temps.

e-taqafa : Quelle est la passerelle entre le 8e art et le cinéma ?

Tala Hadid : La passerelle entre la photographie et le cinéma est complexe, à la fois claire et ambiguë. Le plus important est leur rapport au Temps. L'une des connexions les plus élégantes entre ces médiums est celle du théoricien français, André Bazin, qui a écrit sur l'ontologie de l'image photographique. Il examine ce besoin humain d'arrêter l'écoulement du temps par « l'embaumement » à travers une image : il souligne cette qualité objective de la photographie et du cinéma offrant leur relation privilégiée au réel. Enfin, leur rôle principal est de documenter le monde avant de tenter d'interpréter ou de critiquer. Pour Bazin, ce devoir moral est de l'ordre du sacré.