Ibrahim Ballo présente « Les mémoires de filles en fils » à la Fondation Montresso

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Jusqu’au 21 février 2026, la Fondation Montresso à Marrakech présente « Les mémoires de filles en fils », la dernière création de l’artiste malien Ibrahim Ballo. Cette exposition explore les thèmes de la mémoire, de l’héritage culturel et des relations sociales à travers le travail du fil, utilisé comme matériau principal.

Pour Ibrahim Ballo, le fil n’est pas simplement décoratif. Il relie, traverse et assemble différents supports : toiles, papiers, tissus et poteries, et symbolise les liens entre générations et cultures. Inspiré par les techniques traditionnelles féminines de son village, il transforme le geste du tissage en langage artistique contemporain, où passé et présent se rencontrent.

La résidence de l’artiste au Jardin Rouge a joué un rôle clé dans le développement de ce projet. Ce lieu, propice aux échanges culturels, lui a permis d’expérimenter différents matériaux et de combiner plusieurs références, de la cosmogonie dogon aux symboles amazighs, en passant par des représentations liées à la protection, la fertilité et la féminité.

L’exposition met en avant une installation centrale réalisée en collaboration avec des artisanes du Mali et du Maroc. Fils d’indigo, noués et teints à la main, se mêlent à de l’argile cuivrée pour créer une œuvre qui souligne le rôle des femmes dans la transmission des savoirs et la cohésion sociale.

À travers son approche, Ibrahim Ballo interroge la mémoire collective et les liens sociaux, tout en proposant une lecture poétique de la fragilité et de la résilience. L’exposition invite les visiteurs à considérer le fil non seulement comme un matériau, mais aussi comme un symbole des relations humaines et de la transmission entre les générations.

Ibrahim Ballo, né au Mali en 1986, est diplômé de l’Institut National des Arts de Bamako (2012). Son travail fusionne peinture et textile, utilisant le fil de coton naturel associé à l’acrylique pour créer des œuvres à la fois immersives et en relief. Inspiré par les tissus traditionnels maliens, tels que le bogolan et les pagnes de coton, Ballo intègre son héritage culturel à des techniques contemporaines, donnant à ses toiles une dimension sculpturale. Ses personnages masqués, souvent contemplatifs, interrogent la condition humaine et reflètent une force rituelle et mystique, mêlant mémoire, symbolisme et expérimentation artistique.